(*)

- "Comment ça s'est passé ?"

- "mal ! "(**)

           
Avant  Mes parents ont passé un an et demi en Algérie au titre de la coopération militaire, je suis né le 9 janvier 1972 pendant cette période et j'ai vécu avec eux à Mostaganem, jusqu'à leur retour en France (Octobre 1972)

En France après notre retour Nicolas est né le 3 Juin 1973 , et moi je suis allé à l'école "Louise de Vilmorin" à Verrières le Buisson à la rentrée de septembre 1974, tout se passait fort bien jusqu'à ce que je commence à cracher du sang, c'était début janvier 1975. Le pédiatre qui assurait mon suivi a conseillé à ma mère de me faire passer des radios. Le radiologue a indiqué à mes parents que mon état était sérieux et que je devais être hospitalisé le soir même à l'hôpital Bretonneau.

   L'hôpital  J'ai subi nombre impressionnant d'examens, mon cas est devenu un cas d'école parmi les radiologues Parisiens, qui trouvaient qu'il n'était pas vraiment nécessaire de mettre au courant mes parents ni les autres spécialistes, le pédiatre n'a jamais osé intervenir car il avait affaire à des médecins plus gradés que lui, finalement ils ont décidé qu'il était nécessaire de m'opérer et qu'il fallait me transférer à l'hôpital Laennec, c'était début février 75, le diagnostic était alors "Cancer du foie", ce qui me donnait un espoir de survie quasiment nul.

La veille de l'opération, mes parents sont venus avec Nicolas, je lui ai donné des chewing-gums et nous avons joué un moment ensemble, Ce soir là mes parents sont resté tard, ils ne sont partis que lorsque j'ai réussi à m'endormir, ils sont allé au cinéma voir "Le grand blond avec une chaussure noire" pour se changer un peu les idées, le chirurgien leur avait demandé ne pas revenir avant le lendemain midi.

         
   18 Février  Ils sont revenus vers 10 heure, une annonce au haut parleur indiquait une "brachycardie" en salle d'opération", mais personne n'a pu les renseigner. à midi et demi le chirurgien est venu leur annoncer mon décès, je n'étais plus là pour entendre le cri de douleur de ma mère. Mes parents ont trouvé devant l'hôpital un marchand de jonquilles sauvages, ils ont acheté une motte qu'ils ont mis dans un verre. Si vous voulez vraiment leur faire plaisir, si vous passez chez eux en février apportez un bouquet de jonquille, pas besoin de leur expliquer la raison, ils comprendront que vous avez un peu pensé à moi.          
   ...21 Février Mes parents ont décider de m'enterrer à Gap, et comme ils ne voulaient pas me faire transporter dans un corbillard, ils ont fait les démarches nécessaires pour me transporter dans leur voiture, une 4L orange, ils ont fait le voyage de Paris à Gap avec mon cercueil à l'arrière recouvert par une couverture blanche achetée en Algérie, et le verre de jonquille à coté de moi, Nicolas faisait lui le voyage dans la voiture de mon oncle. Pendant la cérémonie religieuse, Robert Ceccaldi a chanté "Le Paradis" seul sans aucun accompagnement puis mon père a juste fait un signe de tête à ses trois frères qui ont aussitôt compris et l'ont aidé à porter mon cercueil.          
   Après  De retour à Paris, mes parents ont repris contact avec l'hôpital, mais les professeurs avaient une peur bleue qu'ils fassent un procès, et ils ont trouvé en face d'eux une profession qui faisait bloc pour se protéger, bien sûr que si mes parents avaient fait un procès les erreurs commises étaient tellement évidentes qu'ils auraient gagné sans aucune difficulté, mes parents  ont beaucoup hésité à aller contre l'avis des médecins traitants, et à me faire examiner dans un service de médecine tropicale, ils y ont finalement renoncé, alors qu'en fait j'avais un kyste hydatique (la maladie du berger), ils ont fait confiance aux médecins et ils ont eu tort.          
Maintenant

c'est moi sur la photo, certains quand ils voient ma statue et qu'ils ne me connaissent pas, me trouvent sans vie..........ils ont tout à fait raison, 

MAIS J' EXISTE TOUJOURS

(*) Le mangeur de miel , Birnau 

(**) réponse de Frédérique après une chute de vélo.